“Différents mais si peu…” : à Armentières, l’expression culturelle comme vecteur d’intégration dans la cité des personnes en situation de handicap

 

C’est une initiative innovante que réalise la médiathèque l’Albatros à Armentières. Depuis 2010, la médiathèque organise la quinzaine « différents mais si peu » en partenariat avec différentes structures médico-sociales accueillant des personnes adultes en situation de handicap (ESAT, MAS…). A l’origine, la médiathèque invitait des établissements pour adultes en situation de handicap à venir assister à des lectures, pour ensuite les amener à emprunter des livres. Comme l’explique Guillaume Coustenoble, agent de la médiathèque aujourd’hui référent handicap pour la municipalité, ce projet est né de la volonté du conseil municipal d’ouvrir les différents établissements médico-sociaux pour personnes handicapées de la ville sur la cité.

La ville d’Armentières comprend en effet plusieurs établissements pour adultes handicapés et dispose d’un établissement public de santé mentale important, depuis maintenant 400 ans. Ce dernier a pendant longtemps accueilli des personnes en situation de handicap et une maison d’accueil spécialisée a ouvert en son sein en 2002. Les habitants d’Armentières reconnaissent que le handicap fait « partie intégrante du paysage » de la ville. C’est dans ce cadre qu’a émergé, en 2010, le projet de la quinzaine. M. Coustenoble précise que cette quinzaine « vise à mettre en avant les capacités et les qualités des personnes en situation de handicap». La médiathèque propose chaque année un thème aux établissements participants et ces derniers y répondent sous forme libre. Les productions réalisées par les établissements vont de l’exposition photo au court métrage en passant par le spectacle. Ce projet, qui dure depuis maintenant 6 ans, est devenu un rendez-vous important de la vie culturelle de la ville. Il permet non seulement une ouverture des établissements sur la cité, mais aussi de changer le regard de la population armentiéroise sur les personnes en situation de handicap. M. Coustenoble évoque des problématiques de stigmatisation des personnes en situation de handicap et remarque que depuis l’instauration de la quinzaine, moins de plaintes et d’incivilités sont constatées. Cette démarche montre bien que l’ouverture des établissements n’est pas la mission exclusive des établissements et de leurs équipes mais aussi celle des acteurs locaux.

L’exemple de la quinzaine « différents mais si peu » illustre l’importance de la coopération entre établissements et acteurs de la vie culturelle locale. Un établissement peut, certes, s’ouvrir à l’extérieur, mais il est parfois difficile de faire rayonner un établissement en partant de zéro. Ici, l’implication de la médiathèque l’Albatros a permis de faire émerger rapidement un projet pérenne. De même le fait d’exposer les productions des personnes en situation de handicap, ailleurs que dans leurs établissements, permet de toucher un public plus large et surtout de montrer un autre visage du handicap. Ceci vient nous rappeler que chaque public a sa place dans le paysage culturel et que le handicap n’empêche pas une expression culturelle.

Florent Simon,
Elève directeur d’établissement sanitaire, social et médico-social

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